Télévision pour enfants

2.4.05

Les Aventures d’une Mouche.

France 3
France Truc

Adaptées de la bande dessinée « La Mouche » de Lewis Trondheim publiée aux éditions du Seuil, voici Les Aventures d’une Mouche, que France Truc propose certain matin en fin de programme, comme surprise. Un vrai cadeau. Car cette mouche là, que l'on avait déja pu apprécier il y a quelques années, mérite encore pleinement notre attention par sa créativité et la rigueur de sa réalisation. La bd originale était composée d’images seules, sans texte. A la télévision, les mouches non plus ne parlent pas, même si dans le village dans lequel elles vivent, et qui ressemble fort à notre réalité à nous, elles arrivent parfaitement à se faire comprendre en émettant simplement quelques sons. Il y a là un moyen fort pertinent de parler directement aux enfants de problèmes difficiles, comme les agressions dont ils peuvent être victimes de la part des adultes. Mais il faut souligner aussi la richesse de la réalisation, comme celle de cet épisode tout à fait extraordinaire où la Mouche a peur de son ombre, simplement parce qu’elle ne sait pas que c’est son ombre. Qui peut prétendre parler d’animation doit avoir vu et analysé le rythme, les cadrages, les angles de prise de vue, bref tous les moyens utilisés dans ce morceau d’ontologie. Si tous les épisodes de la série n’ont pas cette virtuosité, peu importe. Un seul chef-d’œuvre suffit à notre bonheur.

MARTIN MATIN

France 3
France Truc
Tous les jours 7.00h

Martin est un petit garçon comme les autres. Il vit avec son papa et sa maman dans une belle maison avec une chambre très agréable. Il va à l’école où il a des amis et des copains qui sont moins amis, ou même pas du tout amis. Il a aussi une copine, Roxane, avec qui il s’entend particulièrement bien. Tout pour être heureux. Mais voilà, chaque matin, il se passe quelque chose : en se réveillant il n’est plus le même. Il s’est transformé, par exemple en fille, ou en petit diable avec une queue, des cornes, un trident et un corps tout rouge. Et c’est dans cet état, qui durera jusqu’au soir, qu’il doit aller à l’école et affronter les moqueries de ses camarades et les reproches des adultes. Imaginez la situation ! Rester le même intérieurement, mais avoir une apparence tout à fait différente, et chaque jour nouvelle. A l’évidence cela forge le caractère. Une belle démonstration de la supériorité de l’intériorité sur l’aspect extérieur.
Tous les épisodes ne se valent pas. Car bien sûr tout dépend de la transformation qui affecte Martin. L’épisode où il se retrouve sous l’aspect d’une fille, avec des couettes et une jupe, fait partie des plus réussis. Les stéréotypes les plus courants sur la différence garçons / filles sont mobilisées, avec une insistance des garçons sur leur supériorité. A tel point que lorsque Martin triomphe de l’un d’eux à la course, c’est plutôt dur à avaler pour toute la partie masculine de la classe. Martin lui, finit par trouver que la vie et les activités (la danse par exemple) des filles ne sont pas si nulles que ça. Et cette compréhension de l’intérieur de la spécificité des sexes le rapproche plus encore de Roxane. Comme quoi, vivre une journée dans la peau d’un autre est une expérience enrichissante. Qu’elle se reproduise chaque jour peut être épuisant à la longue. Mais cela, c’est le problème des scénaristes qui ont à trouver une idée différente pour chaque épisode.

31.3.05

DETECTIVE CONAN

France 3
France Truc
Mercredi 16h30

Voilà une adaptation télévisée d’un manga populaire au Japon, diffusé en après midi sur France 3 à raison de deux épisodes chaque jour de la semaine. Sa production au Japon a commencé en 1996 et vu son succès les épisodes sont au nombre de 380 en 2005 au pays de soleil levant et de 51 en France.
En le regardant j’ai été plutôt déçu. Le point de départ, qu’il vaut mieux connaître pour comprendre quelque chose aux épisodes suivants, est le fait que le héros, Shinichi Kudo, lycéen de 17 ans, se retrouve un jour dans la peau d’un petit garçon de 7 ans, et sa taille par rapport aux autres personnages est effectivement particulièrement réduite. Heureusement pour lui, et pour la dimension policière de la série, il a gardé son esprit – et ses capacités de raisonnement – de son âge réel. Il peut donc continuer à en faire usage dans son activité favorite : mener des enquêtes policières dans le rôle du super détective, petit par la taille mais grand par des qualités de déduction et de compréhension des situations les plus compliquées. Car les intrigues dans lesquelles celui que tout le monde considère comme trop petit pour avoir sa place dans le monde des adultes est embarqué sont plutôt compliquées à suivre et donc à démêler. Ce qui renforce le côté héroïque de l’enfant Conan, mais aussi du jeune détective de 17 ans qu’il est réellement. Il faut particulièrement aimer les situations embrouillées pour entrer véritablement dans celles qui nous sont présenté&es ici. Et la séquence finale, où Conan est obligé de se cacher et de déformer sa voix pour ne pas révéler sa véritable nature, séquence qui démonte les visées meurtrières des suspects, cette séquence est plutôt longue et manque singulièrement de dynamisme. A l’image de toute la série.

BOB L’EPONGE

TF !
Mercredi matin

Une éponge comme héros d’une série, on aura tout vu : L’imagination des auteurs de dessins animés serait-elle sans limite ? Car, même si elle vit dans un ananas au beau milieu de l’océan pacifique avec comme animal de compagnie un escargot qui répond au doux nom de Gary, il faut en trouver des événements ou des actions pour éviter l’ennui ! La présence de Patrick, l’étoile de mer amie de Bob, va grandement y contribuer. Les disputes en tout genre entre les deux compères fournissent maintes occasions de quiproquos et de situation toutes aussi loufoques les unes que les autres. Les autres personnages sont de la même veine. Le capitaine Krab’s, propriétaire de fast food « le crabe croustillant » où travaille Bob, mais aussi Carlo Tentacule le calamar ou Sandy, une fille écureuil elle aussi amie de Bob. Tout ce monde hétéroclite au possible fait pencher la série dans l’invraisemblable où tout est bon pour rire. Avec un ton décalé bien sûr.

OUF LE PROF

TF !
Mercredi matin

Pour une fois qu’il ne s’agit pas d’un dessin animé, on serait tenté de se dire qu’il faut être indulgent. En fait si cette série hérisse au premier bord, c’est sans doute ce qui en fait la qualité. Bien sûr le trait est outré, tout entier du côté de la caricature. Mais n’est-ce pas le propre d’une bonne parodie que de soulever les protestations de ceux qui sont visés !
Donc un prof, filmé en plan fixe (avec quelques rares soubresauts de la caméra dans les moments les plus délirants), dans une salle de classe dont on cadre le bureau avec derrière le tableau noir. Plutôt désuet comme décor. Le personnage aussi d’ailleurs. Celui-ci s’avance vers la caméra et s’adresse à ses élèves, invisibles, mais dont on entendra parfois les réactions moqueuses. Il faut dire que le « cours » du prof n’est pas tourné en dérision, il est tout entier du côté du dérisoire et c’est ce qui fait l’humour du propos. Car nous sommes très proche d’une télévision du burlesque, ce que renforce l’utilisation de l’accéléré par exemple lorsque le prof écrit au tableau, ce qu’on ne pourra jamais lire d’ailleurs, ou lorsqu’il fait un schéma, réduit à sa plus simple expression bien sûr.
Les épisodes diffusés se composent en général de deux séquences distinctes, courtes et s’enchaînant par le seul intermédiaire d’un carton donnant le titre. Comme s’il s’agissait de deux cours portant sur des sujets différents. Ces sujets sont d’ailleurs de la plus grande variété. On pourrait dire que tout l’éventail des « disciplines scolaires » y passe. Et même bien plus. Bref, c’est l’école dans son ensemble qui est ici mise en scène, sa prétention encyclopédique et sa position hégémonique par rapport à la diffusion du savoir. Qu’en reste-t-il à la fin ? La démonstration est claire : le prof a parlé, il a essayé d’expliquer, voire de démontrer par une manipulation qui a vite tourné au fiasco. Il ne peut que susciter le rire
Particulièrement maladroit, un peu prétentieux quand même, ce prof là est quand même montré avec un côté plutôt sympathique. Car s’il fait rire, il a au moins le mérite de ne pas ennuyer. Mais cela, est-ce une qualité de l’école, ou n’est-ce pas plutôt le mérite de la télévision ?

Débat

Extrait du site du CAFE PEDAGOGIQUE, pour relancer le débat autour de la télévision et de son influence sur les jeunes.

Pédagogie : La télé et l'intelligence
" Un jour, si l'on n'y prend garde, la dernière mesure de Mozart, les dernières pages du Rouge et le Noir auront cessé d'exister parce que le dernier oeil curieux, la dernière oreille attentive, la dernière intelligence sensible auxquels leur message formel était accessible auront disparu". Pour Alain Bentolila, Paris 5, le responsable de cet anéantissement c'est la télévision. " Je tiens l'indécence télévisuelle – pas seulement télévisuelle ! mais qui peut rivaliser en influence avec ce médium – pour responsable de la progressive disparition de la «pudeur scolaire». Si bien des élèves sont incapables de tenir leur moi intérieur à distance respectueuse des objets d'études, s'ils sont prompts à la brutale déclaration d'opinion, si l'anecdote ponctuelle vient polluer intempestivement le débat d'idées, c'est beaucoup sans doute parce que leur médium favori leur montre à longueur d'émissions que toute chose intime est bonne à dire en tout lieu et à tout moment et que des intimités mêlées sont infiniment plus passionnantes que les paradigmes arides et froids des savoirs et des savoir-faire".

Contredisons-le avec Jean-Pierre Carrier et Christian Gautellier qui, en 2000, dans "Le petit écran des enfants" (Actes Sud), écrivaient : "Dire que la télévision pour enfants a une portée éducative globale, ce n'est pas nier qu'elle est d'abord et avant tout de la télévision, c'est-à-dire un média fait par des professionnels, avec pour visée essentielle le divertissement. Son public étant composé d'êtres en développement, le fait de se distraire intervient forcément dans la formation de leur pensée et de leur imaginaire, comme dans leur vie sociale et affective. Parler de télévision éducative, ce n'est pas alors considérer qu'elle devra être conçue et diffusée dans un cadre uniquement éducatif, comme une télévision scolaire qui n'aurait de place qu'à l'école. C'est dire qu'elle est une référence commune, souvent la seule, de la cour de récréation… Qu'à ce titre elle ne peut être ignorée par les adultes ou n'être considérée qu'à partir des lieux communs ou des préjugés les plus courants à son sujet. C'est dire que si elle est de fait un élément constitutif de la culture des enfants, elle peut devenir.. un instrument particulièrement utile… de tout projet éducatif contemporain".

Café pédagogique
Flash du 31-03-2005 - François Jarraud

MON KANAR

France 3
Mercredi 16h - 16.30h

La télé pour enfants en après-midi est plutôt actuellement quantitativement réduite. Seule France 3 propose une séquence France Truc, tous les jours de la semaine à 16h30. A quoi il faut ajouter, et ce n’est pas rien, le mercredi à 16h le seul magazine d’actualité destiné aux jeunes sur les chaînes hertziennes : Mon Kanar
Cette émission n’utilise pas le format JT comme cela a pu être le cas dans le passé, sur France 3 déjà mais aussi sur canal j, avec le JTJ, réellement précurseur et d’ailleurs encore inégalé. Ici on a affaire à un Magazine, qui suit donc l’actualité, mais avec le recul que peut lui donner la périodicité hebdomadaire et donc la possibilité de ne pas prétendre à l’exhaustivité. Un avantage lorsqu’on s’adresse aux jeunes ; il est alors beaucoup plus aisé de coller le plus possible à leurs préoccupations réelles.
Première impression : le ton et le style sont l’un et l’autre parfaits. Cela est dû en grande partie à la prestation du présentateur, François Pécheux, très agréable à écouter, très décontracté et menant son affaire avec souplesse et rigueur. Il sait parfaitement s’adresser aux trois jeunes présents sur le plateau, sans démagogie ni langue de bois et avec une écoute d’une grande qualité. Car là où l ‘émission est une grande réussite, c’est dans l’utilisation faite de la parole des jeunes invités. Le début de l’émission les présente rapidement, chacun dans son cadre de vie habituel, avec simplement mentionnés leurs intérêts principaux. Sur le plateau, tout est fait pour qu’ils soient naturels et spontanés et c’est réussi, ce qui au vu de ce qui existe sur d’autres chaînes (voir M6 Kid, dimanche) n’est pas évident. Ils peuvent s’exprimer avec franchise et de façon très directe, tout en respectant une correction de langage de bon aloi, même si les expressions à la mode ne sont bien sûr pas absentes. Quel que soit le niveau de préparation, c’est l’authenticité qui domine à l’écran. Les problèmes abordés le sont de façon directe, sans détour, et les réactions exprimées semblent toujours spontanées. Enfin une télévision qui donne une vraie place aux jeunes, même si on peut dire que si cette place se réduit aux 30 minutes de cette émission, dans le fond, c’est bien peu !
Première séquence, le journal de la semaine. Non une revue des événements que tout le monde a pu voir au JT, mais 3 ou 4 faits choisis avec la volonté de prendre en compte les préoccupations des jeunes. Exemple, l’utilisation des blogs par les collégiens et lycéens et les exclusions d’établissements scolaires qui ont été prononcées à la suite des quelques dérives (insultes de profs ou diffamation) qui ont pu se produire. De même une fusillade dans un collège américain et le problème du port d’armes. Le présentateur donne des éléments (chiffrés en l’occurrence) et laisse réagir les jeunes sur le plateau. Le ton est grave et même si le tout est rapide (comment faire autrement) la réflexion n’est pas absente des échanges.
Ensuite vient un problème d’actualité, traité avec reportages et commentaires. Le 30 mars, 2 sujets successifs : la cigarette et le sida. Le temps plus long attribué à ces séquences permet de mettre en évidence des faits et des questions importantes : la cigarette c’est démodé, comment se transmet le sida, comment peut-on vivre avec. Un sondage est réalisé chaque semaine sur le site Internet de l’émission. Les résultats diffusés ici permettent d’élargir l’expression des jeunes à un public plus large. On peut toujours dits qu’ils sont sans surprise et politiquement corrects, mais sur de tels sujets comment pourrai-il en être autrement ?
La séquence suivante est plus banale : l’invité de la semaine, à l’occasion d’une sortie (film ou disque). On n’échappe pas vraiment à la promotion comme toujours à la télé, mais l’interview de cet invité par les jeunes, appelé l’ITW Crado », ne manque pas d’audace et se démarque par le ton direct des causeries habituelles de la télé des adultes.
Suivent des séquences plus courtes et plus rapides. « Huguette les bons tuyaux », petits potins de la vie des stars ; pas vraiment indispensable. « Les bons plans », livres, films, critiqués sans complaisance : des « Kanards » sont décernés mais ils peuvent aussi être refusés. Le sport, mettant l’accent sur des activités peu connues ou hors du commun.
Enfin, « le défi », pour donner sans doute un air ludique à l’émission. Les invités doivent réaliser dans la rue une sorte de performance surprenante en mobilisant pour cela des passants( ce qui aujourd’hui n’est pas très original à la télé). Exemple : faire lire, et même jouer, une scène de Marivaux. On a droit aux refus habituels, mais l’essentiel reste la participation des adultes et l’implication des jeunes.
Comme on ne s’ennuie pas un seul instant tout au long de l’émission, on en vient à penser qu’elle pourrait être plus longue. Les jeunes y trouveraient sûrement leur compte, et la télé de service public pourrait affirmer remplir davantage sa mission d’information et d’éducation.

30.3.05

HELENE ET LES GARCONS

POINTS DE REPERES HISTORIQUES SUR LA TELEVISION POUR ENFANTS IV

Dernier exemple de ce triomphe d’une télévision de distraction par opposition à une télévision à visée éducative, Hélène et les garçons, et autres « sitcoms » ou séries collège
A l’origine, les histoires d’amour plus ou moins contrarié des trois nouveaux étudiants d’Hélène et les garçons n’étaient certainement pas destinées aux moins de 12 ans. Et pourtant, c’est bien dans cette tranche d’âge que s’est recruté le plus gros de son public. Et même jusque dans les cours de récréations des maternelles, où bien des petites filles avaient des Nicolas et faisaient preuve de beaucoup d’imagination pour ressembler à Hélène, même si elles avaient les cheveux courts.
Comment une telle série où la violence était totalement absente et où aucune image ni aucun propos ne pouvait choquer qui que ce soit, a-t-elle pu susciter un tel consensus de réprobation et de critique ? Mais en même temps demandons-nous quelle émission, même en dehors de la télévision pour enfants, a eu l’honneur d’un aussi grand nombre de « unes » de magazines non spécialisés dans la télévision, même si c’était presque toujours sous une forme ironique et avec un effort visible de distanciation ? Il était en effet bien facile de souligner entre autres défauts, le côté à l’eau de rose des amourettes de ces adolescents totalement déconnectés de la vie réelle et de railler sa réalisation visiblement bâclée où le jeu des « acteurs » n’avaient d’équivalent que l’artificialité des rires en conserve sensés souligner leur prétendus bons mots.
Il est pourtant difficile de prétendre que le succès de la série ait été prévu et programmé à l’avance par une quelconque prouesse marketing. Alors reste pour comprendre le phénomène le type d’explication que propose la sociologue Dominique Pasquier (La culture des sentiments. L’expérience télévisuelle des adolescents. Paris, Editions de la Maison des sciences de l’homme, 1999. ) en s’appuyant sur des entretiens avec les jeunes fans de la série et surtout sur le courrier considérable adressé à Hélène, sans qu’on puisse savoir d’ailleurs toujours très bien s’il s’agissait de l’héroïne ou de l’actrice qui portaient le même nom. La série serait une des rares occasions à la télévision mais aussi dans notre société où serait abordées d’une façon immédiatement accessible aux plus jeunes, les relations sentimentales pouvant exister entre garçons et filles. Elle comblerait donc un vide affectif que les adultes comprennent si mal et pour lequel ils ont rarement de réponse adaptée.

BONNE NUIT LES PETITS

POINTS DE REPERES HISTORIQUES SUR LA TELEVISION POUR ENFANTS III


La télévision française a su elle aussi faire preuve de création originale dans ce domaine, en donnant naissance à de véritables « émissions cultes », Bonne nuit les petits en tête. Cette série crée en 1962, presque par hasard, connaîtra une carrière hors du commun : 600 épisodes régulièrement rediffusés jusqu’en 1973, pour atteindre le chiffre considérable de 1500 passages à l’écran. Puis en 1990 une seconde vie, sous la forme d’abord de deux cassettes vidéo éditées par l’Ina et vendues à 400 000 exemplaires et enfin 130 nouveaux épisodes diffusés tous les soirs avant le journal de 20 heures de France 2.
Bonne nuit les petits, c’est essentiellement un rituel : l’arrivée du petit nuage sur fond d’immeubles de banlieue à la nuit tombante, l’air de pipeau joué par le Marchand de sable et l’échelle de corde de Nounours. Dans la chambre, Nicolas et Pimprenelle sont déjà prêts pour la nuit. Par leur intermédiaire, la télévision va aider tous les enfants à vivre sans difficulté ce moment si particulier de la journée où il faut renoncer aux jeux et à toute activité pour affronter l’inconnu du sommeil. Répété tous les soirs, ce rituel de la dernière chanson et de la dernière formule, « Bonne nuit Nounours » transformera l’appréhension de la nuit en un moment magique, permettant de partir pour le pays des rêves en tout sécurité. Ce faisant, la télévision montre qu’elle sait parfaitement aborder la réalité enfantine dans sa signification la plus profonde, même si elle n’évite pas toujours ce faisant les clichés moralisateurs. Après tout, il est rassurant qu’il puisse y avoir sur le petit écran des enfants modèles.

GOLDORAK

POINTS DE REPERES HISTORIQUES SUR LA TELEVISION POUR ENFANTS II

Le représentation la plus courante que les adultes se firent pendant longtemps de la télévision pour enfants n’est pas exactement celle d’une télévision éducative ni même centrée sur le vécu réel des enfants qui la regardent.
La faute aux japonais, bien sûr ! Car dès les années 70 se préparait au pays du soleil levant une véritable révolution télévisuelle qui allait déferler sur l’occident de façon tout à fait inattendue. La réprobation générale fut à la mesure de l’effet de surprise.
Après Goldorak, plus rien ne fut comme avant dans le petit monde de la télévision pour enfants. Les robots de l’espace, les voyages intergalactiques, les conquêtes de planètes allaient envahir le petit écran. Et dans les cours de récréation, dès la maternelle, on ne joue plus qu’à transformer son personnage préféré, mi-homme mi-robot, en vaisseau spatial. Le tout en prononçant avec un plaisir évident les formules magiques d’une nouvelle technologie des plus ésotériques pour les adultes : astéro-hache, fulguro-poingt, corno-fulgure… Il s’agit d’armes, bien sûr, toutes plus effrayantes les unes que les autres. Cette dimension guerrier suffira à discréditer définitivement le genre aux yeux des adultes, tant elle masquait le fait qu’il s’agissait avant tout de sauver notre belle « planète bleue » des menaces totalitaires des envahisseurs venus de Véga.
L’ensemble des dessins animés japonais qui composent alors de plus en plus le menu des principales émissions destinées aux enfants allait offrir deux occasions de condamnation aux parents et aux éducateurs de plus en plus inquiets.
La première concerne les procédés d’animation utilisés, le côté esthétique donc. Car le dessin animé japonais ne correspond plus au modèle dominant jusqu’alors qui n’a qu’une seule référence : les images faites de douceur et de beauté sucrée des œuvres de Disney. Avec Goldorak et les autres, les mouvements deviennent saccadés, les bouches qui parlent ne sont que des trous sans lèvres, les yeux ronds peuvent déborder d’un flot ininterrompu de liquide et les décors sont le plus souvent repris à l’identique au fil des plans et des séquences. Il n’y a que les déluges de feu et de sang qui semble faire l’objet d’une recherche plastique ! A l’évidence, les dessins animés japonais sont fait à l’économie. Devant produire beaucoup, les studios travaillent vite et toujours au moindre coût. D’où la mise au point d’une animation, qualifiée de « restreinte » et caractérisée par la réduction du nombre d’images dessinées utilisées pour animer l’image vue à l’écran. Très vite amortis sur le marché intérieur, ces dessins animés pouvaient alors être vendus à bas prix dans le monde entier. La télévision pour enfants était ainsi devenue le domaine d’enjeux économiques bien éloignés de la visée éducative d’un programme comme Sesame Street. Coté culturel, les dessins animés japonais ne sont pas non plus exempts de dangers. Car en plus d’être laids, ils sont à l’évidence violents. Et là l’opprobre fut vite générale

SESAME STREET

POINTS DE REPERES HISTORIQUES SUR LA TELEVISION POUR ENFANTS I


Les émissions phares de la télé des enfants : des succès d’audience (parfois imprévus), des événements culturels (plus rarement), des faits de suscité (lorsque la presse magazine s’en empare)…
Mais aussi, presque toujours, des critiques, des rejets, des protestations plus ou moins véhémentes de la part des adultes, des intellectuels, des enseignants et des éducateurs.

En dehors de ces « phénomènes », dans l’ensemble les parents ne connaissent pas la télévision que regardent leurs enfants, même si ceux-ci ne regardent pas que les émissions qui leur sont explicitement destinées.

Sesame street, un succès retentissant qui aurait pu donner des lettres de noblesse à la télévision des moins de six ans.

Si la télévision a pu avoir très tôt une prétention éducative, cela s’est manifesté dès la création en 1949 d’une télévision destinée tout particulièrement aux enfants, (la même année d’ailleurs que l’apparition du carré blanc sur les écran des émissions qui justement ne devaient pas être regardées par les enfants). Cette télévision des enfants concerne les moins de 12 ans, la télévision destinée aux adolescents n’ayant jamais acquis une reconnaissance institutionnelle à la télévision française, alors qu’il a toujours existé dans le service public, avant et après la disparition du monopole, et même ensuite sur TF1 privatisée, un service jeunesse chargé de ces émissions auxquelles étaient alors réservé des créneaux horaires spécifiques dans les grilles de programme.
Dans ce cadre, éducatif ne veut pas dire scolaire. La télévision pour enfants à visée éducative existe à côté de la télévision scolaire, celle-ci étant ouvertement destinée à un usage en classe (nous l’étudierons dans notre deuxième partie). Elle s’en distingue par le fait qu’elle ne peut qu’être aussi une télévision de divertissement, qui sache donc plaire aux enfants, mais puisqu’elle s’adresse aux enfants, elle se voudra aussi intelligente, en tout cas au-delà des soupçons et des reproches qui, nous l’avons vu, lui sont couramment adressés

C’est ainsi que s’est développé le premier mythe de la télévision pour enfants à visée éducative : l’émission américaine, Sesame Street.
Plutôt qu’émission, nous devrions d’ailleurs dire projet . car au-delà des images qui furent données à voir dans le monde entier sous ce titre, ou ses diverses adaptations nationales, c’est une vision globale du rôle social et culturel du média télévision dans son ensemble qui est élaborée de façon systématique, en visant à n’offrir aucune faille théorique et avec des moyens financiers importants. (Sesame Street a été produit par The children television Workshop et diffusé en premier lieu sur le réseau public PBS. La série a été consacrée par un nombre considérable de récompenses, grands prix de la production pour enfants ou autres Emmy Award. Elle a été sponsorisée entre autres par Exon et Coca Cola !)
Conçu avec la collaboration d’une armada de psychologues, sociologues et autres spécialistes de l’enfance, le programme Sesame Street est strictement défini quant à son public cible et quant à sa visée globale. Il s’adresse en effet explicitement aux enfants de moins de six ans vivant dans les milieux défavorisés des banlieues des grands centres urbains. Ces enfants, très peu scolarisés aux Etats Unis dans une école maternelle réservée aux riches du fait de ses coûts, passent la majorité de leur temps dans la rue et connaissent de grandes difficultés lorsqu’ils sont enfin scolarisés. Il s’agit donc de les ramener chez eux, ce que la télévision semble le mieux capable de faire. Les programmes qui leur sont proposés devront alors viser à combler les lacunes les plus évidentes au niveau des acquisitions préalables indispensables à la réussite des apprentissages scolaires proprement dits. Là aussi la télévision dispose d’atouts précieux. Car bien sûr il ne s’agit pas de proposer à ces enfants du scolaire, ou quoi que ce soit qui pourrait apparaître comme une école avant la lettre. Ce sont des moyens proprement télévisuels qu’il faut mobiliser : provoquer l’identification immédiate de l’enfant spectateur avec les personnages et les lieux qui sont représentés ; jouer sur l’attrait pour les images et les sons ; tout faire en somme pour attirer et séduire, les acquis cognitifs, s’il y en a, étant donnés en prime, en supplément du plaisir télévisuel.
Sesame Street pourrait ainsi très bien être considérée comme l’ancêtre des programmes « ludo-éducatifs » du multimédia actuel. Puisqu’il faut attirer et séduire il faudra avant tout éviter tout risque d’ennui. Puisqu’il faut faire apprendre sans en avoir l’air, il faudra tout aussi impérativement éviter toute situation demandant un effort. Et c’est ainsi que s’est forgé le modèle d’une télévision de distraction éducative qui ne cessera de resurgir dans les programmes de télévision pour enfants chaque fois qu’il s’agira de ne pas simplement leur proposer des dessins animés de fiction, de L’Ile aux enfants aux Badaboks. Ce modèle consiste d’abord en la construction d’un « environnement » comme on dit aujourd’hui, soit un espace de récréation où l’enfant est accueilli par des amis, marionnettes ou gentil monstre en attendant les extra-terrestres, constituant un univers sécurisant dominé par l’humour et en tout cas le plus possible éloigné de la réalité des adultes sans pour autant être étranger au vécu des petits. Le tout servant aussi de transition et de présentation des courtes séquences qui constituent l’ossature du programme et qui sous forme de jeux, de mini sketches ou de courts reportages proposent d’apprendre à identifier les lettres et les chiffres, à respecter la nature, à connaître les animaux, sans oublier de développer le vocabulaire tout en énonçant les principales règles d’hygiène et de vie en société. En France, ce modèle donna naissance au succès incontestable de Casimir…
Les objectifs poursuivis par le projet Sesame Street ont-ils été atteints ?
les enfants qui ont suivis le programme, dont on sait que ce fut souvent avec passion, ont-ils été mieux armés pour réussir leur scolarité.
Les premières recherches effectuées dans l’euphorie du triomphe public de l’émission croyaient pouvoir insister sur l’efficacité du programme. Elles ont été rapidement relativisées. Mais là n’est pas pour nous l’essentiel. En France personne ne peut prétendre remplacer l’école maternelle par la télévision. Du coup, il est bien difficile d’affirmer que la télévision seule, c’est-à-dire sans la participation active des parents, des enseignants ou d’éducateurs, quelle que soit sa qualité, puisse avoir une action réellement éducative.
Mais ce que Sesame Street nous montre avec force, c’est que l’utilisation d’un média dans un projet qui se veut éducatif ne peut pas ignorer les caractéristiques fondamentales de ce média. Mieux, il est même indispensable de les utiliser le plus systématiquement possible . Ainsi toute télévision qui s’adresse aux enfants devra-t-elle d’abord trouver un ton propre, se démarquer de la télévision des adultes, trouver des références spécifiques, bref faire œuvre de créativité. La voie était toute tracée pour l’avènement d’une télévision plaisante et distrayante mais qui soit aussi intelligente, ou du moins qui ne puisse pas être soupçonnée de ne pas essayer de l’être ! Bref tout l’opposé de la « baby-sitter électronique »

TITEUF

France 3
France truc mercredi matin

On ne présente plus Titeuf, puisque depuis des années, c’est le top des productions pour enfants, BD et DA réunis puisque, aujourd’hui, il est difficile de dire si c’est la BD qui a permis la réussite de la version télé, ou bien si c’est la télé qui a renforcé le succès de la BD. Toujours est-il que Titeuf a atteint une notoriété incontestable, même chez les parents, et on en redemande. France 3 l’a bien compris qui diffuse 3 épisodes à la file le mercredi matin.

La présentation que l’on trouve de la série sur le site Internet de France Truc se suffit d’ailleurs à elle-même. Donnons lui la parole :

« D'abord il y a la maîtresse : aussi laide qu'un pou bionique, qui m'espionne sans arrêt. Ensuite y'a les filles. Alors là, je comprends pas du tout ! Elles veulent des trucs bizarres et puis une fois qu 'elles les ont, elles en veulent plus? Et puis mes parents qui disent « tu comprendras quand tu seras grand » quand je leur demande comment il faut faire pour embrasser une fille ou « c'est quoi être momosexuel » ? Ffff? y'en a pas un pour te répondre ! C'est pô juste?Heureusement y'a mes meilleurs copains ! Manu, Hugo, Nadia mon amoureuse, Vomito etc. Je les adore car avec eux on peut poursuivre les filles, deviner la couleur de la culotte de la maîtresse en lançant la gomme par terre quand elle est au tableau ou encore jouer à lance purée à la cantine. Et puis il y a Zep, mon créateur. C'est pô son vrai nom, mais il préfère rester incognito? je le comprends. Il est suisse et plutôt vieux : il a une trentaine d'années ! C'est fou, il a paraît-il écrit son premier album quand il avait 5 ans? »

Une question quand même à propos du succès de Titeuf. La série n’a semble-t-il pas fait l’objet d’une montée de protestations comme on en a connu par le passé. Et cela malgré les gros mots et la grossièreté du personnage, son intérêt pour regarder sous les jupes des filles et sa peu de considération qu’il manifeste pour l’autre sexe, son attitude un rien contestatrice de l’autorité parentale et des adultes en général. Est-ce le signe d’une simple évolution des mœurs (une plus grande permissivité des parents) ou bien les adultes finissent-ils par accepter, et apprécier, la télévision pour enfants, reconnue peu à peu comme pouvant faire œuvre originale (même s’il s’agit d’une adaptation). Mais il faut reconnaître que la qualité de l’œuvre originale, sa maîtrise du « jusqu’où on peut aller » dans la provocation et son humour décapant y sont pour beaucoup. Quant à l’adaptation télé elle a su garder l’attrait des graphismes de la bd tout en étant parfaitement dans le ton au niveau de l’animation et des voix.

SOIREE DEBAT : LA TELEVISION POUR ENFANTS

Public : Parents, éducateurs, animateurs, enseignants…

Thèmes de réflexion :

La programmation : horaires (principalement le matin avant l’école)et répartition dans la semaine. Une concurrence de plus en plus frontale

L’offre : domination des dessins animés. Pratiquement pas de magazines.
Trois systèmes essentiels de production : les productions japonaises ; les productions anglo-saxonnes, essentiellement nord américaines ; les coproduction francophones (avec la Belgique ou le Québec surtout)

La réception par les enfants : non pas ce que la télé fait aux enfants, mais ce que les enfants font de la télé. Critique de la prétendue passivité.
Les trois pratiques (F Mariet) : télé tapisserie, télé bouche-trou, télé passion
Les données chiffrées : la télé média dominant chez les moins de douze ans (pas de concurrence des jeux vidéo ou d’internet), mais dans les situations de choix elle n’est plus ce qui est préféré en premier.
La consommation des enfants inférieure à la consommation des adultes.

Le rôle des parents. L’enfant seul face à la télé (incompréhension, peur, angoisse)
Nécessité de la communication

Le problème de la violence, un effet jamais démontré rigoureusement.
Nécessité d’un contrôle parental et donc d’une information

L’habillage des émissions
Créer un concept pour fidéliser. Le décor, les slogans, les jingles.
La place des enfants : faire valoir des présentateurs ? la minute de célébrité.
Le renvoi au site Web

Points de repère historiques : quelques émissions-événement.
Sesame Street,
Goldorak,
Le club Dorothée,
DBZ
et quelques autres devenues « culte » : Albator, Ulysse 31, les merveilleuses cités d’or,
les succès français : Bonne nuit les petits, l’île aux enfants et Casimir,
Les sitcoms ados : Hélène et les garçons
Les Pokémons
La star’ac…

Les contenus des programmes. Quelques entrées possibles :
- l’identification par l’intermédiaire d’une figure animale anthropomorphisée. Ex : Petit Ours Brun. La découverte du monde et des autres.
- La relation réel – imaginaire. Le pouvoir le l’imaginaire et le retour au réel. Mieux accepter les contraintes et les nécessités Ex : Franny et les chaussures magiques, (Naftaline)
- Les robots et la technologie. Le modernisme. Ex Jenny Robot ou Pwer Rangers
- Les adaptation, de bande dessinée ou d’album, voire d’œuvre littéraire. Ex Titeuf , les Schtroumpfs (Les contes du chat perché, les contes de la rue Brocca)
- L’humour et la parodie, avec références culturelles. Ex

Vas-y Julie

Midi les Zouzous
France 5

Les robots sont-ils les meilleurs amis de l’homme ? comme l’affirme cette série japonaise un peu ancienne au demeurant puisqu’elle date de 1985 d’après le générique. Son héroïne, Julie, en est persuadée. Julie, petite fille très douée en informatique a la chance de posséder un robot extraordinaire, très affectueux sous ses airs métalliques, et doué de pouvoirs lui permettant, avec le concours avisé de sa petite amie, de venir à bout de toutes les situations difficiles qui peuvent se présenter dans la vie moderne où tout le monde ne pense pas toujours uniquement à faire le bien. Bref, une série bien dans le ton d’une certaine vision du Japon, pays où les robots remplacent les animaux de compagnie et sont souvent présentés comme ici comme la solution face à tous les problèmes que peut rencontrer l’humanité.

HAMTARO

Série japonaise
Midi les Zouzous
France 5

« Petits hamsters, grandes aventures », dit le générique. En fait les aventures sont plutôt banales, en tous cas pour les enfants d’aujourd’hui, comme cet épisode tournant autour d’un voyage au bord de l’océan gâché par un orage ! Mais pour les Hamsters, ce sont de vraies aventures. Le plus souvent ces petits compagnons des enfants ne sortent pas de leur cage, dans laquelle leur seul exercice est de courir en faisant du surplace dans une roue. Et c’est bien comme cela que Laura, la petite fille de la maison voir son hamster Hamtaro. Elle l’aime tant qu’elle ne peut pas se séparer de lui. Lorsqu’elle vit ses aventures de petite fille qui la conduise à découvrir le monde et la société, alors elle raconte tout ce qu’elle a vécu à Hamtaro devenu confident à l’égal de son journal secret. Tout cela donne une série bien tranquille, agréable à regarder, qui n’offrirait pas grande surprise si Hamtaro n’avait pas une deuxième vie qui lui permet de s’échapper de sa cage et de retrouver toute une petite société de hamsters avec laquelle il va lui aussi découvrir le grand frisson de l’aventure. Cette société de hamsters est bien typée ; chacun y a son rôle à jouer et son caractère, ce qui n’est pas sans rappeler la société des Schtroumpfs, impression renforcée d’ailleurs par le doublage français.
Le générique de fin permet, grâce à son karaoké, de découvrir les noms de tout ce petit monde. Un étrange mélange de consonances japonaises et occidentales, mais fruit d’une grande imagination. Qu’on en juge :
« Rompschitt, Ernest, Topli,
Bijou, Hamiral, Chapo,
Pschtron, Grsti, Joubi,
Minipash, Dimpa, Hamtaro ! »

28.3.05

M6 KID DIMANCHE

M6

Parmi les émissions pour enfants diffusées sur les chaînes hertziennes françaises, M6 KID Dimanche fait figure d’exception. Elle est en effet la seule, du moins si l’on considère que Mon Kanar le mercredi après-midi sur France 3 est plutôt destiné aux ados, elle est donc la seule à comporter des plateaux réunissant présentateurs en chair et en os et enfants invités, quatre ou cinq. Ces plateaux servent bien sûr de transition entre les dessins animés. Et constituent de courtes séquences spécifiques.
Bien sûr, on est bien loin du triomphe de Dorothée et de son club, filmé en direct pendant tout l’après midi du mercredi, dans une salle de spectacle immense, avec des centaines d’enfants poussés à hurler dans une atmosphère délirante de folie. Ici on est sur un plateau plutôt classique, certes colorés et bien décoré, mais sans originalité.
Les présentateurs ? D’abord Karine, la véritable patronne de l’émission, et Lucky, réduit parfois à un rôle d’aide. Tous les deux ont une vingtaine d’années et jouent les grands frère et sœur des enfants téléspectateurs. Les enfants invités eux sont là pour répondre bien sagement aux questions posées par Karine, c’est-à-dire en fait approuver ce qu’elle dit. Tout ceci est assez factice et ne contribue guère à donner une vraie place aux enfants dans l’émission. Alors, où est l’intérêt de ces plateaux ? Dans le contenu des séquences, dans l’ordre de passage à l’antenne, chorégraphie, atelier, reporter, agenda ? Regardons cela en détail.
La chorégraphie, c’est Lucky qui s’en charge. Quelques mouvements simples sur une chanson dans le vent. Les enfants du plateau n’ont aucun mal à suivre. Comme c’est assez rythmé, il doit bien y avoir quelques jeunes téléspectateurs qui ont envie de bouger devant leur poste. En début d’émission, ça peut créer une certaine dynamique.
L’atelier lui est présenté par Karine. Il s’agit de petits travaux manuels, eux aussi assez simples pour être réalisés par tous une fois le matériel réuni. Sur le plateau, il y a deux groupes : celui de Karine qui montre et explique et celui des enfants qui reproduisent et essaient de suivre les consignes. Bien sur, ils ne se trompent jamais et même parfois sont plus habiles que Karine elle-même. Le tout n’est évidemment pas filmé en direct, même si les ellipses ne sont pas toujours mises en évidence visuellement.
La séquence intitulée Le Reporter se veut, elle, un peu plus originale. Malheureusement, cette recherche d’originalité conduit à des prises de positions anti-parents dont on ne voit pas l’intérêt. Si ce n’est de vouloir à tout prix se situer du côté des enfants. Une telle démagogie peut-elle vraiment faire monter l’audimat ? Un sujet par exemple : comment échapper aux corvées ? Par corvées on entend ranger sa chambre, mettre le couvert, aller chercher du pain. Et pour ne pas avoir à accomplir ces tâches oh! Combien pénibles, on donne des trucs basés sur le mensonge. Ou bien les enfants sont invités à faire des bêtises et à se montrer insupportable, ce qui est supposé mettre l’enfant à l’abri des exigences parentales. On l’aura compris, ce type de séquence est parfaitement éducatif, même si quelques remarques in fine conseillent aux enfants de « ne pas trop en faire.»
Dernière séquence, l’agenda. Les nouveautés de la semaine, jeu vidéo, une ou deux BD, un spectacle ou une manifestation sportive. Cela ne manque pas d’intérêt. Par contre la séquence « les stars », où l’on commente en long et en large le fait que Lorie ait changé de petit ami est des plus affligeantes. Sans autre commentaire.
Au total on se dit qu’après tout ce n’est pas plus mal si les autres chaînes ont renoncé à ce genre de plateau dans leurs émissions pour enfants.
Par contre, le temps où sévissait l’humour parodique des Minikéums qui n’épargnait rien, surtout pas la télé, est bien révolu. Nostalgie…

KID PADDLE

M6 KID

Un trio de garçons amateurs de jeux vidéo et de télé, qui ne pensent qu’à s’amuser et à fuir le plus souvent possible la réalité, tant le monde virtuel qui est leur quotidien les attire. Et puis, ils y sont tellement plus forts et plus libres, au point de pouvoir y réaliser tous leurs désirs, même si le retour au monde réel dans lequel il faut bien vivre est parfois un peu dur.
Un joyeux trio avec l’intello de service, qui répond au nom de Big Bang, avec ses lunettes tellement grosses qu’on n’en voit plus son visage. Mais c’est un « vrai » savant, au moins aux yeux de ses deux compagnons d’aventure. Le deuxième, c’est Horace, le « meilleur ami », un peu souffre douleur et donc bien utile.
Et enfin, Kid, le rôle titre, insupportable, horripilant, un rien tête à claques, toujours prêt à faire des bêtises, Et il ne s’en prive pas. Kid a une sœur, qui collectionne les poupées qui deviennent à tour de rôle occasions d’expériences toutes aussi destructrices les unes que les autres. Kid a aussi un Papa, qui tient un rôle de Papa, d’autant plus que la série ne semble pas avoir prévu celui de Maman. Par contre, Kid a un Papy, vraiment très vieux, mais plein de sagesse.
Tout ce joli monde n’ayant en soi rien de bien original, mais si l’on mélange le tout, ça donne un cocktail plutôt détonnant !

23.3.05

Jenny Robot

M6 Kid

Les robots sont à la mode. Surtout au Japon. Donc aussi dans les dessins animés. Ici il s’agit d’un robot féminin. Une petite fille en fait. Avec tous les caractères de la psychologie féminine. Sauf qu’étant un robot elle a aussi des pouvoirs venant de sa constitution mécanique et électronique. Un drôle de mélange. Lorsque Jenny est prioritairement une petite fille, elle connaît les sentiments et les émotions de son âge. Mais lorsqu’il le faut, elle redevient entièrement robot, se transformant pour affronter les obstacles et bien sûr en triompher. A côté d’elle, son ami Brad, faire valoir masculin, est un simple garçon, un peu prétention et parfois sentencieux, qui n’hésite pas à faire la leçon, à tous les sens de l’expression. Docte et moralisateur, tel est cette figure masculine qui reste quand même assez sympathique, puisqu’il est du côté de l’héroïne. Les exploits de cette dernière sont plutôt variés, allant du sport au sauvetage de la planète face aux visées de méchants sans scrupule. Comme quoi les machines modernes sont bien gentilles et si utiles qu’on ne pourra très bientôt plus du tout s’en passer.

Programmation des émissions jeunesse (suite)

En complément du tableau de la programmation "jeunesse" des chaînes hertziennes que j'ai commencé à dresser au mois de janvier, il faut noter que France 3 inscrit dans sa grille une séquence France Truc en après midi, du lundi au vendredi de 16h35 à 17h 30. Une bonne heure donc de dessins animés après les classes qui offre l'intérêt de ne pas limiter l'offre destinée aux enfants en semaine au créneau du matin avant le début de l'école. Au programme actuellement une série japonaise, Conan le détective.
A noter aussi deux autres émissions de France 3 programmées dans l'après midi qui peuvent très bien être considérées comme faisant partie de la programmation jeunesse même si elles sont aussi destinées aux pré- adolescents (jusque vers 14 ans environ) et correspondent plus exactement au format magazine. Il s'agit d'une part de C'est pas sorcier, magazine de connaissance qui a une déjà longue et belle carrière derrière lui (programmé tous les jours sauf samedi et dimanche de 17h30 à 18 h) ; et d'autre part de Mon Kanar, magazine d'actualité sur lequel je reviendrai prochainement (le mercredi de 16h à 16h30).

PETIT OURS BRUN

France 5 Midi les Zouzous 12H

Série d'éveil de 3' en 52 épisodes écrite par Fed, réalisée par Pierre Ralli et coproduite par France 5/Bayard Jeunesse Animation. 2003

Petit Ours Brun serait-il éternel ? Depuis le temps qu’on peut le suivre sur nos écrans de télévision. La série actuellement à l’antenne n’est bien sûr pas tout à fait la même que celle qu’on pouvait suivre par exemple il y a cinq ans. Générique et chanson différents. Mais c’est bien le même Petit Ours, toujours aussi attachant. Et toujours la joie de découvrir le monde, même si c’est au prix le plus souvent de beaucoup de pleurs et de peur, surtout lorsqu’il désobéit à Papa Ours, ou lorsqu’il se comporte en plus grand qu’il n’est. Etre « petit » n’est en effet pas toujours facile, même si au fond cela représente bien quand même quelques avantages.
Petit Ours Brun reste une série parfaitement adaptée aux plus petits. La simplicité des situations qu’elle présente en fait tout le prix. Mais simplicité ici ne veut pas dire naïveté ou mièvrerie. Elle met en scène un monde certes idéal, l’enfant au centre de la cellule familiale, avec un père et une mère tout aussi présents dans sa vie l’un que l’autre et tout aussi aimant, mais elle aborde des situations de vie que tout enfant peut rencontrer. Et surtout elle les aborde dans leur répercussion affective , au niveau du vécu immédiat, avec les sentiments et les émotions qu‘elles suscitent. Le monde social n’est ainsi nullement négligé, même s’il passe toujours au second plan.
La réalisation elle aussi très simple est d’une grande efficacité. En particulier au niveau de l’alternance entre le commentaire dit par la voix off et les dialogues ancrée dans la situation représentée. De même les mouvements de caméra, toujours très sobres, ont toujours une grande pertinence. Les déplacements des personnages dans le champ sont réduits au maximum, ce qui ne peut que renforcer leur portée.
Bref, on ne s’en lasse pas. Et l’on ne peut qu’espérer que les générations futures auront encore longtemps la chance de pouvoir le découvrir.

13.3.05

FROG ET FOU FURET

M6 KID
M6 Samedi et Dimanche

Une grenouille et un drôle d’animal, pas très facile à identifier, si l’on n’est pas particulièrement attentif au titre. Donc une grenouille et un furet, qui reproduisent l’éternel combat du prédateur et de sa proie. Bien sûr, comme dans tous les dessins animés, la proie n’est jamais mangée, même si le prédateur n’a qu’une idée, qu’il tente de réaliser par tous les moyens, qui est justement d’arriver à manger cette proie là, et pas une autre. Son appétit lui fera alors accomplir bien des exploits, même s’ils ne sont jamais couronnés de succès. Autant le furet est agité, autant la grenouille est calme, à l’abri du prédateur par la nécessité de poursuivre les épisodes de la série§ Et en plus, les mouches ne manquent pas. Sauf qu’il lui est aussi bien difficile de s’en nourrir. Par contre il est plus facile d’échapper au furet, car l’environnement de la mare où se déroulent ces aventures palpitantes, regorge en fait de pièges que notre prédateur de service a toutes les difficultés du monde à éviter. Il s’en sort quand même plutôt bien, au prix de pas mal de péripéties dont l’humour constitue l’intérêt de la série. Car il est lui aussi poursuivi par un certain nombre de prédateurs auxquels il échappera en vertu de la même nécessité, mais au prix d’un essoufflement certain. En fin de compte, la nature apparaît ici dans sa dimension la plus triviale : tout le monde est à tour de rôle proie et prédateur. Seul point critique, comment ces bestioles finissent-elles par se nourrir, puisque ce que la nature leur destine leur échappe inexorablement ? Mais pour l’enfant téléspectateur, là n’est sûrement pas la question.

8.3.05

Tracteur TOM

France 5 Midi les Zouzous
12h15 12h26

Série d'animation en 52 épisodes de 11'

C’est la ferme idéale, propre et jolie, où il fait bon vivre et travailler. D’ailleurs elle s’appelle la Ferme du pré charmant. De quoi faire rêver ! Tout le monde y est heureux, les animaux et les machines particulièrement. Oui, surtout les machines, tracteur en tête qui donne son nom à la série et qui en est un des éléments les plus en vue. Quelle ardeur il manifeste au travail ! Et que d’idées il propose pour résoudre les petits tracas de la vie à la campagne. Tous les autres en sont admiratifs. Surtout Flore, qui fait en quelque sorte équipe avec lui, et qui ne pourrait pas s’en passer. Flore n’est pourtant pas vraiment une fermière, avec sa belle chevelure blonde, sa casquette rouge et sa tenue toujours impeccable. Du moins ce n’est pas une fermière comme on l’imagine couramment chez nous. On l’aura compris, la série est américaine et ne constitue pas vraiment un moyen de découverte de la vie campagnarde pour les petits citadins. A côté de Flore, on trouve Max, le second personnage humain de la série, dont on peut se demander quels sont les rapports exacts avec Flore, tant ils semblent ne pas vraiment constituer un couple. Pourtant ils vivent bien ensemble à la ferme et sont confrontés ensemble aux charges que celle-ci impose. Mais l’essentiel reste dans la vie collective où les machines tiennent la première place dès qu’il s’agit d’être actif et efficace. Les animaux traditionnels de la ferme sont alors plutôt réduits au rôle de figurants, surtout les anonymes que sont par exemple les moutons ? Le cheval et le poulain, tout comme la vache violette, eux ont un nom, et comme le chien et le chat, font en quelque sorte partie de la famille. Mais contrairement au tracteur, ou même au grand 4X4 de Max qui lui répond au nom de Greg, ils ne parlent pas même si leur comportement est franchement anthropomorphisé. Les relations entre tout ce monde ne sont jamais conflictuels et constituent un modèle d’harmonie que les péripéties du récit de chaque épisode n’arrivent pas à déstabiliser. Bref, cette série est une vision parfaitement stéréotypée de la vie à la campagne et s’inscrit de part en part dans le mythe bien américain du triomphe du machinisme.

6.3.05

La légende de TARZAN

TF1 Club Disney ,

dimanche 8.00 - 9.50

Voici encore une série d’aventure du célèbre homme-singe dans sa jungle préférée, en dessin animé et sous forme de feuilleton, ce qui n’est pas le plus fréquent dans la télé pour enfants.
Après tant et tant de versions différentes, cette production Disney ne réserve pas vraiment de surprises. La trame narrative est connue d’avance : il s’agit encore et toujours de défendre la jungle et sa vie « sauvage », animaux et hommes noirs, des visées mercantiles et destructrices de « mauvais blancs », pour qui tous les moyens sont bons pour arriver à leurs fins. Heureusement, Tarzan est là. En compagnie de Jane et de son professeur de père, il fera échouer, après quelques rebondissements, ces funestes projets.
Les dessins ne sont pas toujours des plus agréables à regarder. Les animaux, éléphants, singes, hippopotames, etc, sont croqués à gros traits et deviennent parfois, lorsqu’ils ne sont plus que des éléments de décor ou des figurants dans le récits, de grosses masses informes. Les êtres humains ne sont guère mieux lotis, sauf Jane, qui garde un certain charme, peu érotisé évidemment, puisqu’on s’adresse aux enfants. Tarzan lui, est particulièrement peu agréable à regarder. Son visage est anguleux au possible, avec un menton énorme, ce qui lui donne un air particulièrement sévère. D’ailleurs, il sourit rarement, et même lorsque Jane le prend dans ses bras, il a encore l’air de s’ennuyer.
Le seuls moments un peu inventifs dans l’animation sont lrs grandes courses de Tarzan dans la jungle, de liane en liane. Le rythme ultra rapide est alors bien adapté et les plans où le héros surfe littéralement sur les troncs d’arbre sont assez réussis. Mais à part ça, si les enfants ne s’ennuient pas vraiment, c’est sans doute parce que les épisodes sont courts et que la coupe se fait au moment où le suspens est au plus haut. Il faut alors attendre la semaine suivante pour connaître la suite.

22.2.05

ANGELINA BALLERINA

France 5 Midis les Zouzous

Série de 26 épisodes de 15'
Produite par HIT Entertainment. 2001.


Faire une série destinés aux plus petits ayant pour sujet la danse classique est une idée originale qui montre que la télévision pour enfants sait prendre des risques et ne se cantonne pas dans les banalités. Et lorsque les dessins et l’animation réussissent à préserver le charme des ballets, il n’y a rien à redire.
Ici les personnages sont des souris. Angelina, le « rôle titre », a une volonté très affirmée pour réaliser sa vocation de devenir une grande danseuse. Son amie Alice est elle aussi pleine d’entrain. Le principal de l’action se passe dans le cours de danse de Mademoiselle Lilly, professeure très aimée de ses élèves et d’une patience infinie dans sa profession. De toute façon, les élèves sont tous très motivés et si les épisodes se nourrissent des petits tracas que posent parfois leurs relations, cela n’est jamais bien grave.
Une série attachante, bien dans la ligne de l’atmosphère calme et détendue qui domine dans l’émission de la mi-journée de France 5.

13.2.05

M6 KID

M6 KID

M6 DIMANCHE 9.20 – 11 H

Agenda de la semaine. Opération spéciale.

Dans le grand élan de solidarité mondial avec les victimes du séisme en Asie, pourquoi les chaînes de télévision ne mobiliseraient-elles pas les enfants téléspectateurs de leurs émissions jeunesse ? C’est ce qu’a tenté, et réussi, M6 en lançant fin janvier sur Internet une vente aux enchères de dédicaces de « stars » ayant participé à l’émission en 2004, en collaboration avec l’Unicef. L’émission de ce dimanche rendait compte du résultat : 3220 euros, avec un record de 640 euros pour la plus haute enchère. Et Lucky, animateur tout heureux de ce brillant résultat, pouvait nous faire rencontrer le président de l’Unicef France, pour indiquer l’utilisation de la somme récoltée. « Un grand merci pour tous les kids qui se sont mobilisés pour cette opération » pouvait-on répéter avec une grande satisfaction. Même si le coup de pub est évident, toute manifestation de solidarité mérite le respect.